Une douleur près de l’œil et des boutons sur le front ou la paupière, c’est de quoi s’inquiéter. Ce peut être un zona ophtalmique, qui demande d’agir vite.
Faut-il consulter tout de suite ? Dans cet article, nous faisons le point sur les signes d’alerte, la cause, la contagion et le traitement.
Quand faut-il consulter en urgence ?
Une éruption de cloques sur le front, la paupière ou le nez peut être un zona ophtalmique. N’attendez pas que l’œil devienne rouge ou douloureux pour voir un médecin.
Le traitement antiviral agit d’autant mieux qu’il commence tôt, idéalement dans les 72 heures après le début de l’éruption. Ce délai ne doit pas retarder la consultation : attendre serait une erreur.
Ces signes demandent un examen rapide par un ophtalmologiste :
- Une douleur de l’œil, un œil rouge, une gêne à la lumière ou une baisse de la vision.
- Des petites cloques sur l’aile du nez, appelé signe de Hutchinson. Sans antiviral rapide, l’œil s’enflamme dans environ 50 % des cas, et ce risque peut atteindre 80 %.
- Vous ne parvenez pas à joindre un ophtalmologiste vite ? Appelez un service d’urgence médicale.
Qu’est-ce que le zona ophtalmique ?
Le zona ophtalmique est une éruption douloureuse. Elle vient de la réactivation du virus varicelle-zona, le même que celui de la varicelle, et touche un seul côté du visage.
Quand l’éruption touche le front, la paupière supérieure ou le nez, elle suit la branche V1 du nerf trijumeau, qui transmet la sensibilité du visage. Cela concerne environ 10 à 20 % des zonas, et l’œil peut être atteint.
Le zona ophtalmique et l’herpès de l’œil peuvent donner des boutons qui se ressemblent. Pour les départager, le médecin regarde où sont les boutons et comment ils évoluent.
L’herpès oculaire, lui, vient du virus herpes simplex. Il peut revenir sans suivre une bande de peau d’un seul côté du visage, alors que le zona suit souvent cette bande.
Pourquoi survient le zona ophtalmique ?
Le zona vient du virus de la varicelle. Après une varicelle, il reste endormi dans des ganglions nerveux, chez environ 90 % des personnes en France.
Des années plus tard, il peut se réveiller et causer un zona, souvent quand les défenses immunitaires baissent. Ce n’est pas un nouveau virus attrapé : c’est le même, toujours en vous.
Le risque augmente avec l’âge, surtout après 50 ans. Il monte aussi quand les défenses immunitaires sont affaiblies, par une maladie comme le cancer ou le VIH, ou par certains traitements qui freinent le système immunitaire.
Et si vous êtes concerné ? Le vaccin Shingrix est recommandé en France aux adultes de 65 ans et plus dont l’immunité est normale, et dès 18 ans si elle est affaiblie. Deux doses, espacées de deux mois.
Comment ça se manifeste
Les signes sur la peau
Les premiers signes sont souvent de la fièvre, des maux de tête, de la fatigue ou une douleur près de l’œil. Des brûlures ou des démangeaisons peuvent venir avant l’éruption.

Ensuite, l’éruption touche souvent un seul côté du front, de la paupière ou du nez. Elle passe par des taches, puis des boutons, des vésicules pleines de liquide, et enfin des croûtes. Ces lésions durent une à deux semaines.
Les atteintes de l’œil
Le zona peut toucher l’œil lui-même, et ces atteintes peuvent apparaître après le début de l’éruption :
- L’œil devient rouge, douloureux et sensible à la lumière.
- La paupière gonfle, et la vision peut baisser.
- La pression à l’intérieur de l’œil peut monter. Plus rarement, le virus atteint la rétine, la couche du fond de l’œil qui perçoit la lumière.
Certaines atteintes de l’œil n’apparaissent pas tout de suite. La cornée, la paroi transparente devant l’œil, peut être touchée pendant l’éruption ou dans les semaines qui suivent. L’uvée, la partie située derrière la cornée, peut s’enflammer plus tard.
Sans antiviral rapide, environ la moitié des zonas ophtalmiques se compliquent d’une inflammation de l’œil. Un suivi régulier compte donc, même si l’œil semble aller mieux. Un contrôle permet de les repérer à temps.
Comment se soigne le zona ophtalmique
Les antiviraux par voie orale
Le médecin peut prescrire un antiviral par la bouche : aciclovir, valaciclovir ou famciclovir. Il faut le commencer le plus tôt possible, idéalement dans les 72 heures après l’apparition de l’éruption. Plus il démarre tôt, moins l’œil risque d’être atteint.
Le valaciclovir est souvent choisi, car l’organisme l’absorbe mieux que l’aciclovir. Mais c’est le médecin qui choisit le médicament et la dose adaptée à votre cas. Ne le prenez pas sans ordonnance.
Les collyres corticoïdes et le suivi spécialisé
L’ophtalmologiste examine votre œil et adapte les soins locaux à ce qu’il voit.
Si une uvéite (inflammation de l’intérieur de l’œil), une sclérite (inflammation du blanc de l’œil) ou une rétinite apparaît, il peut prescrire des corticoïdes, toujours avec un antiviral.
Ce suivi sert à repérer une atteinte de la cornée, une inflammation, une hausse de la pression de l’œil ou une atteinte de la rétine. C’est lui qui fixe la fréquence des contrôles, selon ce qu’il observe.
Sans avis médical, ne prenez aucun de ces produits, même s’ils semblent calmer la douleur :
- Acheter un collyre sans ordonnance, même s’il promet de soulager les yeux rouges.
- Utiliser un collyre ou un corticoïde resté d’un ancien traitement, ou donné par un proche.
- Augmenter la dose ou arrêter un traitement de vous-même, même si l’œil semble aller mieux.
Le zona ophtalmique est-il contagieux ?
Non, vous n’attrapez pas un zona au contact de quelqu’un qui en a un. En revanche, le liquide des petites vésicules peut transmettre le virus.
Si la personne n’a jamais eu la varicelle ni été vaccinée, elle peut attraper la varicelle. Il faut un contact direct avec ce liquide. L’air ne transmet pas le virus : tousser à côté de quelqu’un ne suffit pas.
Pour éviter de transmettre le virus, suivez ces précautions :
- Lavez-vous les mains après avoir touché ou nettoyé les vésicules.
- Couvrez les lésions avec un pansement jusqu’à ce qu’elles sèchent.
- Ces précautions comptent surtout si une femme enceinte, un nouveau-né ou une personne immunodéprimée vit avec vous.
- La contagion s’arrête quand les vésicules sont sèches et couvertes de croûtes.
Combien de temps dure la guérison ?
L’éruption dure en général une à deux semaines. Les petites cloques se remplissent de liquide, puis sèchent en croûtes, qui tombent après une dizaine de jours.
Mais la guérison complète peut prendre plus de temps que l’éruption. Le fait que la peau paraisse guérie ne suffit donc pas à dire que tout est terminé.

La douleur peut rester après la disparition de l’éruption. Dans les données sur le zona ophtalmique, 30 % des patients ont encore mal à six semaines, et 9 % à un an.
Quand la douleur dure ou revient plus de trois mois après le début du zona, on parle de névralgie post-zostérienne. Dans ce cas, consultez, car un médecin peut proposer un traitement contre cette douleur.
Une éruption près de l’œil se prend au sérieux. Ne patientez pas : consultez sans attendre un médecin ou un ophtalmologiste. Si c’est impossible vite, ou si la vision baisse, appelez un service d’urgence médicale.
Une peau qui semble guérie ne prouve pas que l’œil va bien. Gardez les contrôles, même quand tout paraît calme.





