Après 60 ans, un anneau gris-blanc autour de l’iris, appelé arc cornéen, devient fréquent.
Beaucoup se demandent alors si cette marque signale un cholestérol élevé. Cet article vous dit quand consulter, comment le distinguer des autres dépôts autour des yeux, et ce qui doit vraiment être traité.
Quand faut-il consulter ?
Après 60 ans, un arc cornéen isolé est fréquent. Il vient surtout du vieillissement et ne prouve pas, à lui seul, un cholestérol élevé.
Vous n’avez donc pas à consulter en urgence, ni à demander une prise de sang par réflexe. Si votre vue est normale, l’arc seul ne le justifie pas.
Un arc cornéen justifie une consultation dans trois cas :
- Il apparaît avant 45 ans, car il peut signaler une hypercholestérolémie familiale, un cholestérol élevé transmis par les parents.
- Un parent a une hypercholestérolémie familiale ou un cholestérol LDL très élevé, le « mauvais » cholestérol.
- Un infarctus ou un AVC précoce est survenu dans la famille, surtout si l’arc est jeune.
Si votre vue baisse brutalement, même sans douleur, consultez un médecin vite, sans attendre un rendez-vous ordinaire.
Une douleur forte à l’œil, avec un œil rouge ou une baisse de vue, demande un ophtalmologiste en urgence. Perte brutale de la vue ou douleur intense : appelez le 15 ou le 112.
Qu’est-ce que l’arc cornéen ?
L’arc cornéen est un dépôt de lipides, dont du cholestérol, dans la périphérie de la cornée. La cornée est la partie transparente qui recouvre l’iris, la zone colorée de l’œil.
Il prend la forme d’une ligne ou d’un anneau gris-blanc autour de l’iris.

Pour le reconnaître, regardez s’il existe une fine bande claire entre l’arc et le bord externe de la cornée. Quand elle est là, c’est le repère le plus sûr.
L’arc commence souvent en haut ou en bas de la cornée, puis s’étend jusqu’à former un cercle complet autour de l’iris. Quand il est complet, on parle parfois de gérontoxon, le nom de l’arc lié à l’âge.
L’arc est en général indolore et ne gêne pas la vue, car il reste sur le bord de la cornée.
À lui seul, il ne mesure pas le cholestérol sanguin : un arc visible ne dit pas si votre taux est trop haut.
Pour le rôle de l’alimentation, lisez l’huile d’olive et le cholestérol.
Pourquoi survient-il, et le cholestérol est-il en cause ?
Chez la personne âgée
Après 60 ans, l’arc cornéen devient fréquent, et sa fréquence augmente avec l’âge. Dans une étude menée en Allemagne auprès d’adultes de 40 à 80 ans, 17,4 % en avaient un.
Avec l’âge, les petits vaisseaux au bord de la cornée deviennent plus perméables, donc les graisses s’y déposent plus facilement. Chez une personne âgée, l’arc vient donc souvent du vieillissement, pas forcément d’un cholestérol trop élevé.
Chez la personne jeune
Avant 45 ans, un arc n’est plus un simple effet de l’âge. Il peut signaler une hypercholestérolémie familiale, une maladie héréditaire qui se transmet de parent à enfant. Elle peut faire monter très haut le LDL, le cholestérol dit « mauvais ».
Ce qui oriente le médecin, c’est aussi votre histoire familiale. Un parent ou un frère au cholestérol très élevé, ou un infarctus survenu jeune, rend cette maladie plus probable.
Chez une personne jeune, un arc apparu tôt doit être vérifié par une prise de sang. Il ne mesure pas le cholestérol et n’est pas toujours lié à une anomalie des graisses.
Le bilan regarde le LDL-C, le cholestérol qui se dépose dans les artères. Chez l’adulte, un taux d’au moins 1,9 g/L fait suspecter une hypercholestérolémie familiale. Chez l’enfant, le seuil est de 1,6 g/L.
Arc cornéen ou xanthélasma : comment les distinguer
La différence tient à l’endroit. L’arc cornéen est un anneau gris-blanc dans la cornée, autour de l’iris. Le xanthélasma est une plaque jaune sur la paupière, souvent du côté du nez.
Pour savoir lequel vous avez, regardez où la tache se trouve. Un anneau clair autour de la partie colorée de l’œil est un arc. Une plaque jaune sur la paupière, près du nez, est un xanthélasma.
Pour ne pas les confondre, comparez-les point par point dans ce tableau.
| Critère | Arc cornéen | Xanthélasma |
|---|---|---|
| Aspect | Un bord gris-blanc en anneau | Des plaques plates ou légèrement en relief |
| Touche les paupières ? | Non | Oui, il peut toucher les deux paupières |
| Lien avec le cholestérol | Il ne le mesure pas à lui seul | Dans une étude, 64 personnes sur 80 avec un xanthélasma avaient une anomalie des lipides |
| Que faire | Une prise de sang est nécessaire si l’arc apparaît tôt | Un médecin peut examiner la plaque pour la confirmer, puis une prise de sang vérifie les lipides |
Comment le bilan est-il fait ?
Pour savoir s’il existe une anomalie lipidique, il n’y a qu’un moyen : une prise de sang. Le laboratoire mesure le cholestérol total, le LDL-C (le « mauvais » cholestérol), le HDL-C et les triglycérides, qui sont d’autres graisses du sang.

L’arc, lui, ne donne aucune mesure : il ne remplace donc jamais ce bilan. Sans arc, le cholestérol peut quand même être élevé. Votre médecin interprète les résultats selon votre risque cardiovasculaire, car la cible de LDL-C varie.
Chez l’enfant, un cholestérol élevé transmis par les parents, appelé hypercholestérolémie familiale, se repère grâce à des seuils précis, que l’huile d’olive ne remplace pas :
- Un LDL-C supérieur à 1,9 g/L sur deux prélèvements, chez un enfant sans autre cas familial connu, malgré trois mois de changements alimentaires.
- Un LDL-C supérieur à 1,6 g/L sur deux prélèvements, si un parent a une hypercholestérolémie familiale.
- Un LDL-C supérieur à 1,3 g/L sur deux prélèvements, si un parent porte une mutation génétique.
Faut-il traiter l’arc, ou le cholestérol ?
Non, on ne traite pas l’arc cornéen lui-même. Il ne demande généralement aucun traitement. Ce qu’on soigne, c’est le cholestérol élevé et le risque cardiovasculaire. Dans une forme familiale, on commence par l’alimentation et l’activité physique.
Baisser le cholestérol ne fait pas disparaître un arc déjà visible. Le bon réflexe, donc, c’est la prise de sang : si elle montre une anomalie lipidique, c’est elle qu’on traite.
Le médecin choisit le traitement selon votre risque et votre bilan lipidique, en lisant aussi les facteurs de risque du chalazion :
- Une statine, le médicament principal contre l’hypercholestérolémie familiale, proposé en premier.
- L’ézétimibe, ajouté à la statine si elle ne fait pas assez baisser le LDL-C, le « mauvais » cholestérol.
- Un inhibiteur de PCSK9, réservé aux personnes à très haut risque dont le LDL-C reste trop élevé.
- L’aphérèse du LDL, qui retire une partie du LDL du sang, pour les formes très sévères ou résistantes.
- Pour le xanthélasma, la plaque sur la paupière, on peut la retirer par chirurgie, laser ou acide trichloracétique, mais elle peut revenir.
Après 60 ans, un arc cornéen seul ne signale pas, à lui seul, un cholestérol élevé. Si votre vue est normale, inutile de consulter en urgence.
Si l’arc apparaît avant 45 ans, ou si un proche a un cholestérol très élevé, consultez votre médecin. Seule une prise de sang mesure le cholestérol.





