L’essentiel à retenir : pour le groupe léger, dont le permis B hors activités professionnelles particulières, le repère réglementaire est une acuité visuelle binoculaire d’au moins 5/10, avec correction si nécessaire. Ce n’est ni la somme des deux yeux ni une garantie de sécurité : champ visuel, vision nocturne et autres troubles comptent aussi. Un test en ligne ne permet pas de conclure à l’aptitude à conduire.
Quelle acuité visuelle pour conduire votre voiture ? La réponse ne se résume pas à lire une ligne de lettres. Une personne peut avoir une acuité centrale correcte et rencontrer des difficultés pour repérer un obstacle sur le côté ou supporter l’éblouissement. Voici les principaux repères français et les situations qui demandent un avis médical.
Ces informations concernent le groupe léger de l’arrêté du 28 mars 2022. Elles ne remplacent ni un examen visuel ni, lorsqu’il est requis, le contrôle médical d’aptitude. Les catégories lourdes et certaines activités professionnelles, notamment taxi, VTC, ambulance et enseignement de la conduite, relèvent d’autres exigences : n’y appliquez pas les seuils de cet article.
- Quelle acuité visuelle pour conduire est exigée par la loi ?
- Les normes du champ visuel binoculaire à respecter
- Correction visuelle et contrôle médical : les obligations
- L’influence des troubles oculaires sur la sécurité routière
Quelle acuité visuelle pour conduire est exigée par la loi ?
Le minimum de 5/10 en vision binoculaire
Le dépliant de la Sécurité routière « Au volant, bien voir, c’est la vie », daté d’octobre 2024, rappelle une acuité visuelle binoculaire d’au moins 5/10 pour les véhicules légers. La mesure se fait avec les deux yeux ouverts, avec lunettes ou lentilles si elles sont nécessaires.
On ne doit pas additionner les acuités mesurées séparément à droite et à gauche. Il ne s’agit pas non plus d’exiger 5/10 pour chacun des deux yeux dans toutes les situations. Le résultat binoculaire se mesure lors d’un examen ; il ne se déduit pas d’un calcul à partir de votre ordonnance.
Atteindre ce seuil ne signifie pas que tous les critères sont remplis. L’évaluation tient également compte du champ visuel, des contrastes, de la sensibilité à l’éblouissement, de la vision crépusculaire et d’une éventuelle vision double.
Repères interactifs : comprendre, sans s’auto-évaluer
Ouvrez chaque repère. Ce module pédagogique ne mesure pas votre vue, ne calcule aucun risque et ne délivre aucune autorisation de conduire.
Ce que signifie le seuil de 5/10
Il s’agit d’une mesure binoculaire pour le groupe léger, avec correction si nécessaire, et non de la somme des scores de chaque œil. Ce seuil seul ne prouve pas l’aptitude à conduire.
Pourquoi une bonne acuité ne suffit pas
Une atteinte du champ visuel, une vision double ou une difficulté importante de nuit peut compromettre la conduite malgré une bonne lecture des lettres au cabinet.
Qui peut évaluer votre situation ?
Un professionnel de la vision réalise le bilan visuel. Lorsqu’un contrôle médical réglementaire est nécessaire, le médecin agréé ou la commission médicale émet un avis dans le cadre de la décision préfectorale. Ce module ne remplace pas ces démarches.
La vision monoculaire demande une évaluation spécifique
La perte de vision d’un œil ne se juge pas avec un simple score en ligne. L’annexe I de l’arrêté prévoit, lorsque la vision d’un œil est inférieure à 1/10, une acuité d’au moins 5/10 pour l’autre œil, mais aussi des conditions concernant son champ visuel. Une atteinte notable de ce champ peut rendre la conduite incompatible. Des corrections ou adaptations du véhicule peuvent être nécessaires selon l’évaluation.
Une perte brutale de vision impose d’arrêter de conduire et de demander un avis médical urgent. La reprise après la perte de vision d’un œil dépend d’une période d’adaptation et d’une évaluation médicale ; il n’existe pas de délai de reprise que cet article puisse vous garantir. Ne reprenez pas sur la seule impression de vous être habitué.
Une acuité au-dessus du seuil ne vaut pas, à elle seule, une autorisation de reprendre le volant.
Les normes du champ visuel binoculaire à respecter
120 degrés horizontalement, avec des exigences complémentaires
Pour le groupe léger, l’annexe I prévoit un champ visuel horizontal binoculaire d’au moins 120°, s’étendant au moins à 50° vers la gauche et vers la droite, et à 20° vers le haut et vers le bas. Elle prévoit aussi l’absence de défaut dans un rayon de 20° autour de l’axe central.
Ce sont des critères d’examen, pas des angles à estimer chez soi en tournant la tête. Un avis spécialisé peut être nécessaire pour interpréter un champ visuel. En vision monoculaire, des conditions particulières s’ajoutent ; les rétroviseurs ne compensent pas automatiquement une atteinte médicale du champ visuel.
Vitesse, nuit et fatigue : ne pas confondre les situations
La Sécurité routière rappelle qu’avec la vitesse le champ visuel fonctionnel se rétrécit : moins d’informations périphériques sont traitées. Cette notion ne remplace pas la mesure clinique du champ visuel. Aucun tableau universel reliant une vitesse à un angle ne permet de certifier votre sécurité.
- Adaptez votre vitesse à la visibilité et aux conditions de circulation.
- Ne conduisez pas si vous êtes trop fatigué ou si votre vision vous empêche de percevoir correctement la route.
- Si vous voyez mal lorsque la luminosité baisse ou êtes gêné par les phares, évitez la conduite de nuit et faites examiner votre vue.
- Gardez vos verres, votre pare-brise et vos rétroviseurs propres.
Correction visuelle et contrôle médical : les obligations
Respecter la mention de correction sur le permis
Les restrictions figurent dans la colonne 12 au verso du permis au format carte. Le code 01 concerne la correction ou la protection de la vue ; des sous-codes peuvent préciser l’équipement. Respectez exactement la restriction portée sur votre titre et demandez conseil à l’administration si vous devez la faire modifier.
Selon Service Public, le non-respect d’une restriction est généralement sanctionné par une amende forfaitaire de 135 € et le retrait de 3 points. L’amende peut atteindre 750 € ; l’immobilisation du véhicule et des peines complémentaires, dont une suspension du permis, sont également possibles. Il ne faut pas présenter cette suspension comme automatique ou immédiate dans tous les cas.
Distinguer bilan visuel, avis médical et décision administrative
L’ophtalmologiste évalue la santé de vos yeux et peut fournir un bilan spécialisé. Lorsqu’une affection nécessite un contrôle réglementaire, celui-ci relève d’un médecin agréé par le préfet, qui ne doit pas être votre médecin traitant, ou de la commission médicale. Le médecin peut demander des examens complémentaires, un avis spécialisé ou un test de conduite.
Le médecin émet un avis ; la décision administrative relève du préfet. Un avis favorable n’autorise pas toujours, à lui seul, la reprise : suivez les indications reçues et vérifiez la validité de votre permis. Le contrôle réglementaire n’est pas une consultation imposée automatiquement à chaque conducteur portant des lunettes.
Pour connaître les démarches applicables, consultez la fiche Service Public et votre préfecture. Les modalités administratives peuvent évoluer, notamment avec le portail d’aptitude à la conduite : cet article n’annonce pas de nouveau seuil visuel pour 2026.
L’influence des troubles oculaires sur la sécurité routière
Des conséquences variables selon la maladie et son stade
La cataracte, le glaucome ou la DMLA peuvent altérer des fonctions différentes. Le diagnostic seul ne décrit pas votre capacité à conduire ; leur retentissement doit être évalué. Le tableau suivant donne des exemples et non un classement d’aptitude.
| Affection | Effet visuel possible | Point à évaluer |
|---|---|---|
| Cataracte | Vision floue, sensibilité à l’éblouissement | Acuité et gêne selon l’éclairage |
| Glaucome | Atteinte du champ visuel, parfois peu perçue au début | Étendue et localisation des déficits |
| DMLA | Altération de la vision centrale | Lecture des détails et retentissement sur la conduite |
Quand demander un nouveau bilan ?
Faites contrôler votre vue régulièrement, à une fréquence adaptée à votre âge, à vos antécédents et aux conseils du professionnel qui vous suit. Une baisse de netteté, des images déformées ou dédoublées et un éblouissement inhabituel justifient de consulter sans attendre le prochain contrôle prévu.
En cas de vision double soudaine ou de perte brutale de vision, ne conduisez pas pour rejoindre les soins et demandez une évaluation urgente. Après une opération oculaire, demandez à l’équipe soignante quand la reprise est possible ; elle dépend de votre récupération et des obligations réglementaires.
Des collyres, compléments alimentaires ou filtres ne doivent pas être proposés comme moyen de rendre une vision apte à la conduite sans évaluation. DTS Optic, média d’information sur la santé visuelle, vous aide à comprendre ces sujets mais ne réalise pas votre contrôle médical et ne délivre pas de certificat.
À retenir : le seuil binoculaire de 5/10 est un repère réglementaire, pas un certificat de sécurité. Respectez votre correction, tenez compte de toute gêne nouvelle et faites vérifier les conditions de conduite adaptées à votre situation.





